Granvillaise

Portrait de granvillaise .1 Marlène Huard – Marée Moderne

Je l’avais annoncé il y a quelques semaines… La nouvelle rubrique Granvillaise débarque sur Bichette. Dedans, des adresses, des événements et des portraits de granvillais et granvillaises qui inspirent…
Pour cette grande première, et pour rester dans l’actualité granvillaise, la passionnée et passionnante Marlène Huard, créatrice de Marée Moderne a accepté de se prêter au jeu des  12 questions de Bichette. Fatiguée mais sur un petit nuage suite au succès des Traversées Sonores, Marlène a trouvé l’énergie pour nous raconter tout plein de choses…

1. Qui es-tu Marlène ?

Après avoir quitté l’Orne très tôt avec mes parents, j’ai passé mon enfance dans un petit village de la Manche : Gavray. Je n’ai pas du tout baigné dans un environnement culturel. Pas de musique, pas de sport… Je ressentais un gros manque et j’étais pressée de partir.

A 18 ans , je suis partie à Paris pour combler ce manque. Je suis arrivée avec rien et je vivais de petits jobs. Très vite j’ai senti un gros complexe lié à mon manque de culture. Je sortais beaucoup, j’allais dans les musées, les cinémas, les galeries, je lisais pas mal… J’ai découvert un univers underground et j’ai rencontré plein de personnes d’univers différents. Je me suis laissée porter…

A 23 ans j’ai eu envie de reprendre mes études et j’ai intégré l’ICART, une école d’art. La formation abordait toutes les formes culturelles, mais en diagonale. C’était trop marketing pour moi. Ensuite, j’ai fait un stage de relation presse dans le cinéma à Paris et je suis partie à Cannes, j’étais assistante pour plusieurs films.

J’ai aussi travaillé dans plusieurs galeries à Paris, dont une galerie de cannes anciennes de collections. La galerie Segas. Puis j’ai travaillé comme attachée de presse en freelance sur plusieurs projets, j’ai  fait du script consulting… Et là on est en 2009 et à Paris il règne une certaine morosité, c’est une période un peu down, beaucoup de mes amis partent vivre à Berlin. Les lieux ferment, comme le Pulp par exemple en 2007, il y a moins d’énergie, comme une déprime ambiante. Je suis enceinte, mon contrat se termine et se renouvelle pas…

Avec mon mari et notre enfant, on part en Thaïlande pour vendre les objets de mon mari designer… Au bout d’un an, j’ai eu envie de rentrer, pas lui. Je suis rentrée seule. J’ai bossé à nouveau pour la galerie Segas. A Paris c’était compliqué de trouver un appart, une crèche pour mon fils. A 28 ans, je suis rentrée en Normandie avec mon fils. En attendant de savoir où j’allais aller, Berlin, Paris… J’ai cherché une ville sympa pas très loin de Gavray. Et je suis arrivée à Granville.

 

2. Peux-tu nous parler de la naissance de ton projet ?

Quand je suis arrivée à Granville je ne connaissais personne. J’ai continué de travailler en free lance pour des festivals mais pas pratique avec mon fils. J’avais pas beaucoup d’amis, et pour rencontrer du monde j’ai eu l’idée de créer un cinéma en plein air. En pleine nuit, sur un coup de tête, j’ai écrit au Maire pour lui proposer…

Dans mon idée c’était plutôt un cinéma Art et Essai sur des films aquatiques. Mais pour répondre aux attentes des estivants, le maire pensait plutôt à un divertissement. J’ai proposé en riant Les dents de la mer et c’est parti là-dessus,  il voulait un truc divertissant, familial ! Alors j’ai sauté sur l’occasion. Tout de suite il a fallu monter une asso pour avoir les droits de diffusion et les autorisations de la DRAC. J’avais très peu de temps. Avec 2 amis on a créé l’asso Marée Moderne, elle a été officialisée quelques jours avant l’événement ! On voulait créer un truc autour de ce ciné de plein air, on y a ajouté un peu de fooding, de musique. Cette année on va avoir 2 projections plus une clôture musicale. On se rapproche de ce que je voudrais vraiment !

Ça m’a permis de rencontrer du monde. Lucas de Gritz est venu vers moi pour échanger sur ce que chacun faisait. J’ai pris conscience qu’il y avait beaucoup d’associations naissantes, une nouvelle scène culturelle très active, avec Brume, Michel Scops, Gritz… Eux avaient la connaissance du terrain, le réseau, la musique et moi la connaissance de la production. On a allié nos initiatives. Depuis 3 ans ans la ville s’est métamorphosée. Plein de galeries se sont ouvertes, plusieurs asso se sont créées.
Mon objectif c’est de faire de Granville une vraie scène culturelle. Je suis passionnée par la ville, le patrimoine, la cité.

3. Pourquoi Marée Moderne ?

Moderne, car on se disait que Granville avait besoin de se moderniser, de rafraichir son activité culturelle pour attirer un public plus jeune. Et puis on écoutait Mathématique Moderne, un groupe de New Wave français, et on s’est dit « Marée Moderne« .

4. Tu écoutes quoi chez toi ?

Je suis très fidèle à des artiste que j’ai eu l’occasion de rencontrer il y a quelques années et je suis leur route avec attachement, c’est ainsi que j’attends avec impatience le prochain album de Léonie Pernet, j’écoute en boucle Peine Perdue et Christophe Chassol. J’ai découvert l’année dernière le groupe Faire que nous avons programmé sur le dernier Cinéma en plein de Granville. Ils reviendront d’ailleurs cette année avec un ep.

Je suis très touchée par la musique coldwave, l’électropunk, les début de la musique électronique, j’écoute aussi pas mal de chansons françaises .. et oui.. et beaucoup de musique classique surtout en voiture. Je suis également les artistes du label Kill the Dj dont fait parti Léonie Pernet, j’adorerai les faire tous venir à Granville, peut-être lors d »une prochaine édition des Traversées Sonores.

5. Tes références cinématographiques ?

Cassavetes, Lynch, Clouzot, Rosselini, Bunuel. Mon top 5 !

6. Que dirais-tu pour définir Granville ?

C’est une ville éclectique de par sa population même si ça manque de melting pot. Il y a une culture populaire très forte. Il y a un potentiel immense de par la situation géographique, la haute ville qui est restée intacte, les ports, les alentours.

7. Ce qu’il manque à Granville ?

Un lieu musical alternatif, une salle de concert, un vrai lieu culturel avec expo, concert, librairie, du fooding. D’ailleurs ça ça manque aussi à Granville, un ptit resto cool, pas cher avec des bons produits. Une ptite cantine !

8. Un conseil pour quelqu’un qui voudrait se lancer à Granville ?

D’abord réfléchir à comment ça peut valoriser la ville. Présenter le projet en montrant les avantages pour le territoire.

9. Une devise ?

Faire reconnaitre Granville comme une scène culturelle émergente et comme un territoire d’expression fort.

10. Un artiste granvillais ?

Blaise Lacolley, de la Galerie de l’os à Granville. J’adore son travail. Il pourrait exploser, il y a énormément d’endroits où il pourrait exposer. J’ai souvent pensé à essayer de présenter son travail auprès de galeries confirmées mais je n’ai jamais osé lui demander. Il pourrait être sur la grande scène. J’aime aussi beaucoup Marion Le Pennec, qui occupe en ce moment la galerie du crabe, ej me suis offert un petit format… Et Hugo Caron. Il va devenir un très très grand dessinateur ! J’aime sa philosophie de vie.

11. Tes spots préférés à Granville ?

La rafale à Haute Ville. Le O XC3, rue des juifs. Alamaiz’ à Saint-Pair-sur-Mer.

12. Et pour finir, car je suis trop curieuse, as-tu des projets, des idées ?

J’adorerais créer un bar éphémère, d’été en plein air. Ou d’hiver dans un hangar avec des bonnes choses à grignoter. Repenser le Val-es-Fleurs en quartier culturel jeune, en valorisant les espaces naturels. Ça rafraichirait la ville ! J’ai déjà une idée des lieux, on pourrait investir les anciens locaux EDF. Un lieu pour boire un coup, faire des apéros pétanque, créer du lien social et surtout écouter de la bonne musique.

J’aimerais bien créer un festival d’art végétal associé à de la musique, dans le jardin Dior. C’est un très bon ami qui m’a soufflé l’idée. J’adore ce lieu.

Je suis passionnée par l’architecture et l’urbanisme, c’est pour cela que les projets que je proposerai seront toujours ancrés dans un cadre, et dans ce cadre il y aura toujours une surprise, quelque chose pour créer de l’étonnement et donc du plaisir. Lorsque l’on détourne un lieu de son utilisation habituelle, nous apprenons à le regarder, nous rendons visible l’invisible.

Merci Marlène…
Marlène bouillonne d’idées… Et elle est disponible et super motivée pour travailler sur de nouveaux projets…
A bon entendeur !

 

 

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