Granvillaise

Portrait de Granvillaise.5 Emma Barthère

Portrait Granvillaise Emma Barthère

Il y a un peu plus d’an, une jolie sirène est venue s’installer à Granville… Rencontre avec Emma Barthère, une personnalité talentueuse, mystérieuse et poétique.

Ce soir là, la journée avait était un enchainement de contrariétés. En écoutant Emma, j’ai mesuré le bien que ça faisait d’aller A la Rencontre de. D’être pleinement à l’écoute. Oublier tout le reste et découvrir quelqu’un, une vie, un art…  Discussion avec Emma Barthère, une femme à la douceur apaisante.

Emma qui es-tu ?

Je suis justement venue à Granville pour répondre à cette question. J’avais besoin d’une vie moins dispersée qu’à Paris, besoin d’être plus proche de la nature. Faire un peu le point avec moi-même, il était temps à 33 balais !

Pourquoi Granville ?

J’ai d’abord connu Jullouville pour y être allée en vacances… J’ai tout de suite eu un coup de cœur pour la région et après dix ans à Paris j’ai sauté le pas. Je cherchais un lieu qui propose une vie culturelle assez développée tout en étant proche de la nature avec des éléments forts. Granville, c’était une sorte d’évidence. Il y avait quelque chose au niveau de la lumière qui m’a tout de suite plu.

Qu’avais-tu en tête en arrivant ici ?

J’ avais aucun projet particulier en arrivant ici, si ce n’est celui de me laisser surprendre. J’ai proposé à Coralie de La Cigale, d’exposer puis j’ai rencontré Yannec Tomada qui tient la galerie Au sens large. Nos univers marchaient assez bien. C’était une manière d’être visible, de créer des échanges, de rencontrer des gens et de m’implanter.

Peux-tu me parler de ton travail photographique ?

Ce n’est pas le plus évident pour moi… Je conçois la photo comme un acte poétique, une nécessité, quelque chose qui tire vers la lumière. J’ai un rapport assez instinctif à la photo. Je fais et après, si j’ai de la chance je comprends pourquoi je l’ai fait. J’aime beaucoup le travail d’ Alejandro Jodorowsky, poète, auteur de bd, cinéaste…

L’autre m’intrigue, dans ce qu’il a de plus intime. Mais ce qui m’intéresse avant tout, c’est le processus de transfert qui s’instaure lors d’ une séance photo, comment nos deux univers se mêlent.
En terme de facture j’ai besoin de passer par une forme assez classique et réaliste, de passer par des codes et repères familiers pour avoir l’occasion de troubler subtilement cette réalité.

La femme a t-elle une place plus importante dans tes travaux ?

Oui je suis fascinée par la femme, mais qui en tant que femme ne le serait-il pas ?

J’aime beaucoup la série « sirène ». Que représente-t-elle pour toi ?

C’est un fantasme de petite fille. C’est l’équilibre parfait. Elle mêle l’humanité et la part sauvage que l’on a en soi. Tout est fait de dualité. On est obscurité et lumière. C’est ce qui m’intéresse. Je trouvais que la sirène englobait toutes ces facettes.

Toutes les photos ont été prises dans le coin, entre les falaises de Carolles et Granville en passant par Jullou

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D’où vient ton intérêt pour les lieux abandonnés ?

Ca c’est une série en particulier : la série Pieds Nus quand j’étais à Paris. Ce sont des lieux qui m’émeuvent. A priori des lieux que l’on ne regarde pas et pourtant éminemment poétiques. La vie, les gens sont complexes, constitués d’ombre et de lumière. Il y a dans “Pieds Nus”, du profane et du sacré, du chaos et de la sérénité, du vivant et du mort, de la souillure et de la pureté. Or, de cette rencontre inopportune naît une certaine harmonie. J’aime l’idée que ces univers puissent se compléter, s’équilibrer et finalement se réguler.

Comment choisi-tu tes modèles ?

Il n’y a pas de règle. C’est une rencontre, une présence. Quelque chose qui va me toucher chez la personne. J’ai fait beaucoup de nu. J’ai commencé par mes amis et après c’est le bouche à oreille. C’est une question de feeling.

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Que peut on voir à la galerie ?

Des travaux anciens et récents. Des collaborations avec Yannec. Des cartes postales où j’ai mis en scène son travail. C’est un showroom. On peut y voir un peu tout. Il y a tout un travail avec les cadres. Je cherche à intervenir d’avantage sur la photo. Je tends plus vers un travail de plasticienne.

En termes de prix il faut s’attendre quoi si on veut s’offrir l’une de tes photographies ?

Mes photos sont entre 8 et 15 exemplaires maxi, numérotées, signées, délivrées avec un certificat d’authenticité. Je travaille avec un tireur à Paris pour le tirage argentique. J’accorde beaucoup d’importance au tirage ce qui garantie la longévité de la photo. Ca peut aller de 100 euros à 2500 pour les très grands formats.

As tu des projets en cours ?

Je vais exposer en novembre au marché Dauphine à Saint-Ouen dans le cadre du mois de la photo. Je suis restée deux ans en stand by pour élever ma fille. Je me remets doucement en marche ! J’ai le projet d’entamer un workshop avec Diana Lui, une photographe franco belge d’origine chinoise, dont la dimension spirituelle m’interesse. Je sens que j’ai besoin d’être accompagnée sur un projet en particulier.
J’ai un projet sur Granville, un parcours poétique semé de personnages fantasmagoriques.
En ce moment je travaille avec le centre social de Granville sur la violence intra familiale et plus particulièrement la violence faite au femmes. L’idée étant de sensibiliser à cette problématique là au travers d’un regard d’auteur. Il y aura une expo en plein air en novembre à Granville , expo qui pourra être amenée à circuler en France selon les demandes.

Ah et puis en décembre, sur une soirée ou deux, on va mêler photographie, lecture et musique autour de la sorcellerie en bocage normand … à suivre !

Quels sont les endroits que tu aimes à Granville ?

L’escalier derrière l’Archipel qui mène jusqu’à la haute ville avec un point de vue dingue sur les toits de Granville. Le Port et son côté industriel. L’ambiance un peu surannée du quartier St Paul. Le coucher de soleil vu de la pointe du Roc, la route de la côte vers Carolles…

Le Val es Fleurs, c’est rassurant qu’il y ait des endroits qu’on laisse vivre…pas sûr que ça dure longtemps !

Tes adresses à Granville ?

La Cigale, rue des juifs ; un lieu où les choses sont faites avec amour. La friperie Les Chats Nippés, Ludivine et son compagnon sont de bon conseil et super dispos, pareil pour la Librairie Le Détour, la boutique de Julie La Roulotte pour le voyage, le théâtre de l’Archipel et sa super équipe, Le Sans souci pour les rayons de fin de journée, la Rafale bien sûr
Les ateliers et galeries d’artistes. C’est une particularité de Granville.

Des talents granvillais ?

Il y en a plein… Yannec, Isa Zalie, Marion et Sabine qui peignent, la galerie de l’os, le collectif Gritz …et j’en oublie beaucoup, plus tous ceux que je ne connais pas encore!

Comme la musique occupe une place importante dans ma vie, j’aime bien savoir ce qu’écoutent les personnes que je rencontre. Qu’écoutes-tu Emma ?

La musique est très importante dans ma vie mais c’est par période. Je peux écouter du folk en passant par le rock pour finir en transe. En ce moment c’est rien, ni musique, ni radio, ça me va jusqu’au moment où je vais ressentir à nouveau un besoin physique de faire hurler les décibels !

Que manque t-il à Granville ?

Il y a pas mal d’artistes et d’artisans et c’est une vraie valeur ajoutée à la ville et je trouve que ce n’est pas assez mis en valeur. Une fabrique artistique au cœur de la ville, comme ce qui se faisait dans les années 60/70 à New York, un lieu où les artistes pourraient se rassembler et expérimenter et assumer… Aussi, un centre ville piéton !

Granvillaise : Emma Barthère

Merci Emma pour cette rencontre très agréable.
Un conseil, allez donc jeter un coup d’œil au 40 rue des Juifs…

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